Riba Pierre

« Ses pièces, telles des figures ou le temps raconte une histoire, quand l’action se tend, se ride où se plisse. Tout comme notre contexte biologique et géologique, Pierre dévoile un procédé récursif avec une forme d’autopoïèse, en permanence de son environnement. Le carton, le bronze ou l’acier se met à chanter, à danser, proche d’un dialecte universel par ses épures et ses monochromies. La main de l’artiste façonne, compresse, contracte et affleure ce carton comme le temps s’y emploie sur le relief terrestre. Toutes les cavités, les ondulations de ce matériau ne cessent de le pousser à la création. Il l’autopsie, le découpe, l’analyse. Une fois que la science n’a plus de secret pour lui, il poétise ce papier en 3 dimensions. « Exister, c’est être perçu », disait Berkeley, alors pour ne pas oublier que les rencontres sont l’essence de la vie, Pierre relie, noue et tisse tous ses êtres de papier, pour comprendre ce par quoi il y a un monde. »

On en parle

Au Moyen-Âge, Pierre RIBA se serait fait alchimiste.
Heureusement, il est né au XXeme siècle, car il transmue la matière et ce n'est plus interdit.
Il crée des formes simples et énigmatiques, stèles ou idoles,masques, fragments symboliques, unions, divorces.
Ses formes ont un aspect si lisse, si parfaitement abouti que les grignotages et les lézardes semblent très naturels. Ses sculptures nous sont si proches que lorsqu'on les a vues une fois, on a l'impression de les avoir toujours connues, comme des amies revenues de loin, comme des souvenirs ou des colombes, des chants mélodieux familiers, tant l'harmonie les dresse face à nous, humbles et humaines.
Georges Chich

Jeux en noir

Pierre Ribà recourt à du carton cannelé découpé par lamelles, qu’il assemble avant de les tremper dans de la résine qui durcit le matériau, recouvert ensuite d’une poudre de graphite.
Le carton garde aussi sa teinte originelle beige pour interroger différemment l’absorption lumineuse.

Voilà pour les explications d’une technique que l’artiste maîtrise admirablement et qu’il met au service d’un langage inventif par ses formes géométriques aux réminiscences tribales. La complicité du maillage renforce la rigueur au service d’une lisibilité formelle, en prise sur notre imaginaire.

Ses sculptures murales affectent des formes simples d’un archaïsme ritualiste, tels les masques d’une tribu imaginaire ou encore les lettres d’un alphabet oublié. L’efficacité de ces volumes pleins, jouant avec les alvéoles qui absorbent la lumière, déplace le jeu vers une réflexion mystique.

La forme se fait signe, l’œuvre, d’essence totémique, engendre un mystère qui outrepasse la simplicité de la représentation.

Totems d’une ère nouvelle, celle de l’emballage et du formaté, ces reliefs muraux et ces sculptures prennent possession de l’espace, transcendent un minimalisme en interrogeant la lumière qui traverse les strates, les caresse, s’y attarde et s’y perd, pour un dialogue hors du temps."
Lydia Harambourg

 

Ses oeuvres

« Depuis longtemps, l’homme fasciné par le noir a tenté de le reconstituer, dans la mode, l’architecture ou la peinture…
De nombreux artistes lui ont voué un culte presque obsessionnel.
Même si l’exercice « de faire un noir, plus que noir » semblait impossible, aujourd’hui, les noirs fabriqués sont plus noirs que ceux produit par la nature elle-même.
Pour Pierre Ribà, le noir n’est pas une quête, ni un objectif.
Il est là quand la lumière s’efface, ou pour réveiller les accidents de la ligne.
Les sculptures de Pierre Ribà telles des figures ou le temps raconte une histoire, quand l’action se tend, se ride où se plisse.
Tout comme notre contexte biologique et géologique, Pierre dévoile un procédé récursif avec une forme d’autopoïèse, en relation permanente de son environnement.
Le carton, le bronze ou l’acier se met à chanter, à danser, proche d’un dialecte universel par ses épures et ses monochromies.
La main de l’artiste façonne, compresse, contracte et affleure ce carton comme le temps s’y emploie sur le relief terrestre.
Toutes les cavités, les ondulations de ce matériau ne cessent de le pousser à la création.
Il l’autopsie, le découpe, l’analyse.
Une fois que la science n’a plus de secret pour lui, il poétise ce papier en 3 dimensions.
C’est ainsi que j’ai pu découvrir, que ce n'était pas le traitement scientifique auquel on le soumettait, qui faisait de lui « Carton » ou « œuvre », mais la façon même dont l'homme fait sa rencontre.
Le carton, appartient-il à Pierre où est-ce l’inverse… ?
Il est certain que ce médium est quasiment né entre ses mains.
Architecte de la lumière, il travaille ce médium depuis plus de 60 ans, autant dire, que le carton, n’a presque plus de secret pour lui.
Et pourtant, avec toute l’humilité qui s’émane de ce grand artiste, il continue à dire qu’à chaque coup de cutter et de pliage à la main, il redécouvre d’autres chemins à explorer.
Parce que les œuvres de Pierre Ribà sont travaillées uniquement à « sa main », sans machine, sans maquette, juste en permettant à l’invisible de devenir visible.
On oublie souvent cette main.
Ce trio inséparable, de l’œil, du cœur et de la main. Ce tiercé gagnant face à toute possibilité de reproduction.
Trois clefs permettant l’ouverture à l’expression et au sensible.
Pierre Riba l’a compris depuis longtemps, jouant avec la lumière, le son, et le toucher, il sculpte ses pièces dans le devenir.
Le bruit doux qui s’en dégage, quand l’air se met à tutoyer ces sillons de papier, est aussi reposant que lorsque Pierre nous fait poser l’oreille contre ses cocons absorbants.
De cutter, en encollage, enduites puis saupoudrées de graphite, les œuvres de Ribà, deviennent aussi fortes et solides qu’une pièce de bois.
Un travail vibratoire, en contraste avec le calme de ses formes.
Toujours un peu farceur un peu joueur, il apporte dans ses sculptures un signe sorti du temps. »

Sylvie Amigo-Soulet
Galerie21


Quelques lieux d’exposition

Perpignan
Paris
Avignon
Collection de la Praye, Villefranche-sur- Saône
Fareins
Mougins
Cannes
Bordeaux
Luxembourg
Bâle
Marseille
Art Paris
Art Elysées
Art Karlsruhe, Allemagne
Art Saint-Germain-des-Près
Lille Art Fair
Art Gent,
Belgique, St’Art,
Strasbourg

Ses œuvres sont présentes dans les centres d’Art et fondations :

De la Praye, Fareins, Villefranche-sur- Saône, Valréas Musée, Vaucluse Les Landes Blanches, Les Sorinières, Nantes Villa Datris, fondation pour la sculpture contemporaine
L’isle sur la Sorgue, Vaucluse Fondation Renaud, Lyon Honoré 91, Paris Orangerie du Sénat, Paris Région Languedoc-Roussillon, Montpellier Département de l’Aveyron, Rodez Centre d’Art de Conques, Aveyron Colección de Arte de la Pera, Girona, Espagne
Parc-Arts Contemporanis, Cassà de la Selva, Espagne et dans des collections publiques et privées en Allemagne, Angleterre, Belgique, Espagne, Portugal, Suisse, USA….

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Biographie complète

Pierre-Riba-portrait-Galerie-21

 

 

 

Pierre Ribà est né en Ardèche en 1934 et décédé le 21 janvier 2026 à Gallargues- le -Montueux
Après des études d’architecture et un parcours initiatique sur de nombreux projets, il se consacre entièrement à son art dès 1958.

Il découvre le carton comme une rencontre fortuite, et pourtant …
Il entame une grande aventure avec ce matériau.

Vieux depuis les années 1750, le carton aura connu de nombreuses transformations, passant de l’emboîtage, à la reliure, l’emballage, l’isolation, mais aura servi aussi de monnaie.

Du plus noble au plus pauvre, il sera l’ami de beaucoup.
Pierre Ribà l’a compris tout de suite.

Il donne à ce matériau la richesse d’une écriture toute particulière, le cisaillant de façon structurelle, mais pas tout à fait.
« Un jour, un technicien me propose de découper mon carton au laser, je me tente à ce projet. Mais ce fut une catastrophe quand je découvre la régularité si pauvre et pourtant si parfaite de la coupe.

Il n’y avait plus de lumière, ni d’ombre, les accidents qu’engendrait mon cutter, avaient disparu. »
Les œuvres de Pierre Ribà sont autant de sculptures jouant avec la lumière, le son, et le toucher.

Le bruit doux qui s’en dégage, quand l’air se met à tutoyer ces sillons de papier, est aussi reposant que lorsque Pierre nous fait poser l’oreille contre ses cocons absorbants.

De cutter, en encollage, enduites puis saupoudrées de graphite, les œuvres de Ribà, deviennent aussi fortes et solides qu’une pièce de bois.

Un travail vibratoire, en contraste avec le calme de ses formes.
Toujours un peu farceur un peu joueur, il apporte dans ses sculptures un objet, un signe sorti du temps.

Je ne crois pas à l’inspiration mais au travail de tous les jours.
Je dessine, je barbouille, je découpe,
‘je colle… je fais un très long travail de préparation… puis je choisis les choses qui me plaisent.
Je n’ai, ensuite, qu’à réaliser… ce qui compte, c’est qu’une idée prenne forme.

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