Biographie de l'artiste
Pierre Emmanuel Bisseuil, ancien de Givaudan, et directeur de recherche a travaillé dans la beauté et la parfumerie fine pendant plus de 15 ans.
Nous n’en dirons pas plus, car cet artiste un peu secret, un peu timide, il raconte bien mieux ses œuvres que sa vie.
Dans les années 90, PEB a composé des dizaines de carnets de voyages (dont certains ont été exposés à la cité universitaire de Paris) et s’est confronté à la sculpture sur pierre. Depuis une vingtaine d’années, il explore désormais la figure du Totem, en mobilisant des techniques mixtes: collage, dessin et peinture. Il conçoit sa création comme une réflexion sur les absurdités et les beautés de l’humanité contemporaine.
Pour PEB, le Totem est au fondement de la culture humaine universelle. Il est une expression symbolique qui représente les différentes valeurs et émotions mémorielles au cœur du lien social. Certains totems érigent certaines postures humaines en vertus,
d’autres en dénoncent les penchants toxiques. Censés susciter une catharsis afin de sublimer nos actions, les totems questionnent notre conscience. Ils disent la nécessité de prendre position et de nous engager, d’évacuer certains comportements ou de rejeter des dérives sociales. Ils dénoncent aussi les tragédies, les médiocrités communes et les postures néfastes au bien commun, ou au contraire encensent les héroïsmes ordinaires ou statures hors du commun.
En 2007 lors d’un séjour en Argentine de 4 ans, il a débuté un premier projet de recherche artistique autour du totémisme, intitulé EL COLECTIVO LOCO. A la confluence entre les arts premiers, l’ART BRUT (Gaston Chaissac, Jean Dubuffet), l’ARTE POVERA et le STREET ART (Graf Culture et supports de la rue), PEB a développé une esthétique singulière, autant décorative que conceptuelle, une voie artistique symboliste entre figuration et abstraction. Le totémisme est une édification conceptuelle incarnée dans une représentation plastique qui réunit sens et émotion esthétique, et permet au-delà du “spectacle” une véritable action sur la psychologie du spectateur. La représentation totémique est donc à la fois catharsis, ferment social, et bannière d’engagement. Le totem se tient debout… il défie les aléas et vicissitudes du monde. Symbole de la vie commune et marqueur d’identité. Il est édifié et édifiant.
Depuis 2021, PEB développe trois autres projets sur le fil d’une même ligne exploratoire et esthétique principalement axée sur la figure du totem:
LOS CARTONEROS, LES MYTHOGRAMMES et LOS FANTASMAS.
EL COLECTIVO LOCO (2007-2021)
Dessins sur Papier, technique mixte (aquarelle, gouache et encre de Chine) Format 50X65
Né à Buenos Aires en 2007, le projet artistique El colectivo loco s’envisage comme un regard critique sur la société et notre époque. Imaginé au départ comme une tentative d’art “Post Bourgeois”, la démarche s’inscrivait dans une dénonciation disruptive et humoristique (dans l’esprit absurde du surréalisme) de la disparition de l’humanisme et de ses valeurs morales. Les œuvres devaient opérer une catharsis pour permettre au spectateur d’atteindre une félicité bourgeoise et individualiste en se libérant de tout état d’âme et de toute référence morale.
L’œuvre s’est ensuite développée en une galerie de Totems, portraits archétypaux fruits d’une créativité indocile, visant à sensibiliser aux sujets des migrations, de la rébellion, des aidants, et de la santé mentale. Chacun d’eux questionne la conscience des spectateurs.
El Colectivo Loco investit le monde d’une responsabilité. Les oeuvres décalées, au ton provocateur, parfois politiquement incorrect, à la technique vive, libre, criante et aux couleurs expressionnistes suscitent une forme d’introspection morale: nous sommes libres de prendre position, de nous interroger, de nous engager face à ces sujets qui déchirent la société contemporaine. Les totems d’El colectivo loco sont des Totems de résilience, d’action et d’engagement publiques… la genèse d’un Ars politique.

LOS CARTONEROS (2021 – 2025)
Dessins sur papier: encre de Chine, aquarelle, gouache sur collages. Format 50×65
Dans la suite d’ EL COLECTIVO LOCO, le projet LOS CARTONEROS s’inspire des “cartoneros”, ces hommes, femmes et enfants de Buenos Aires en marge de la société qui vivent et travaillent dans les rues en ramassant les cartons et matériaux recyclables de l’agglomération urbaine. Ces totems évoquent une vie de souffrances et d’indignité subie, et tentent de sortir de l’invisibilité une humanité recyclée, dénuée de tout, qui digère les déchets d’une société de consommateurs nantis.
Dans ce projet, la peinture s’enrichit de collages (papiers et affiches recyclées) et de textes souvent issus de notes de voyages dans la capitale portègne entre 2007 et 2010. Ces collages disent l’importance des traces et mémoires qui se superposent en
narrations inachevées, en histoires archéologiques comme des palimpsestes de notre époque…
Ces tableaux sont à contre-jour, une quête de la disparition, de l’invisible, de l’effacé, un témoignage au bord de l’abîme du temps.

LES MYTHOGRAMMES
Dessins: encre de Chine, aquarelle, gouache sur panneaux d’affiches collectés dans les rues. Format (120X80)
Le terme mythogramme désigne une calligraphie qui signifie plus ou moins directement un mythe. C’est un symbole “écriture” qui révèle en une narration symbolique ce qui forge le lien social (légende fondatrice, valeurs morales, lois…).
Chaque tableau représente un mythe issu d’une civilisation, parfois disparue, parfois encore “vivante”. A l’instar de ces couches d’affiches, les mythes sont des palimpsestes sur lesquels des générations les unes après les autres ont gravé leur
propre couche de messages…
La technique et le format évoluent.
Les totems sont désormais peints directement sur des panneaux collectés dans la rue par blocs entiers d’affiches qui ont été superposées les unes sur les autres au fil du temps. Les strates déchirées par les intempéries, ou parfois arrachées par l’artiste dressent un contexte qui dicte le thème de l’œuvre.

LOS FANTASMAS (projet en cours, 2026- )
Un travail sur la mémoire, sur l’histoire, sur ce qui reste et qui disparaît, sur le passage inéluctable de la vie, du grand fleuve anonyme des autres.
Les palimpsestes de nos vies et de nos rues Les traces après l’exposition aux intempéries du temps.
Les fantômes qui habitent la nostalgie de notre histoire et ceux de la mémoire collective.
« En vingt ans, elle a colonisé les cuisines, même celles des chefs étoilés, reléguant l’huile de tournesol à la friteuse. « Au début des années 1900, on l’utilisait pour faire des savons servant à la lessive, raconte Pierre-Emmanuel Bisseuil, consultant pour le cabinet de tendances Peclers Paris. C’est l’avènement du régime méditerranéen, surtout du régime crétois, qui la propulse sur le devant de la scène gastronomique dans les années 1990. »
Très vite, l’huile d’olive des supermarchés ne suffit plus. Les épiceries fines proposent leurs variétés à prix d’or, des boutiques spécialisées comme Oliviers & Co se multiplient et les restaurants éditent leurs récoltes. « Cette montée en gamme lui permet d’évoquer le luxe, le bien-être et la santé… De quoi concurrencer, en cosmétique, les huiles du Maghreb comme celle d’argan », ajoute le consultant. On la retrouve aujourd’hui dans des gélules pour préparer sa peau au bronzage (Mélanine Forte de Biocyte), des démaquillants (Algenist), des soins pour les cheveux (Ultra Doux de Garnier) ou même pour le corps (Aveda)… « Cet engouement s’explique aussi par son succès sur les blogs, qui invitent les internautes à fabriquer leurs soins à base d’huile », remarque Pierre-Emmanuel Bisseuil. Reste que, sans l’intervention d’un biologiste chevronné, le parfum de l’huile d’olive pure rappelle plus une tomate-mozarella qu’une crème antirides. » Le Monde
« Pourquoi lever la plume, si en un trait tout est dit ?
Dans un élan d’inspiration PEB, révèle à « l’Expir », les beautés et les insanités de ce monde.
Il, tire de notre société contemporaine un portrait avec humour et dérision.
Dans une frénésie tribale, il associe le geste à la couleur, la lumière au volume.
Aujourd’hui, comme hier et encore plus demain, l’image est une source de reconnaissance et d’apprentissage.
Signe de notre être.
Merleau-Ponty, disait : “Si les créations ne sont pas un acquis, ce n’est pas seulement que, comme toute choses, elles passent, c’est aussi qu’elles ont presque toute leur vie devant elles.”
En effet, même si le signe devient signal pour un besoin de communication, il n’en demeure pas moins que nous faisons partie de ce tout.
Nos gestes, sont la continuité d’une dimension beaucoup plus vaste, une expression antérieure à notre conscience.
PEB, trace à sa manière ses ressentis presque inexpliqués, qu’il nomme Totem, ou « mythogramme ».
Par la source, de signes contemporains, qu’il puise dans les affiches déchirées directement des murs.
Par ces traces modernes mais aussi conceptuelles, il dévoile à sa façon les palimpsestes de l’histoire.
PEB, devient un chercheur sur l’étude des restes physiques, d’une symbolique contemporaine.
Ses créations, viscéralement inscrites dans un seul geste, nous délivrent de la complexité et d’un certain détournement, dans l’utilisation des signes d’aujourd’hui.
Les signes sont de forts moyens sur notre discernement, c’est pourquoi le monde politique et économique s’en emparent très souvent.
L’art nous apprend à se libérer de tout précepte et à revenir à l’unité d’un dedans et d’un dehors. » Sylvie Amigo Soulet
Paris
Toulouse








































