Joulé Michel
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BIOGRAPHIE :

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Après avoir fait des études à Paris à l’école Estienne, de Paris ( Arts et Industries Graphiques ), Michel Joulé poursuit sa quête de connaissances à Lille et à Roubaix à l’ENSET de Cachan.
Il devient très vite professeur de communication visuelle aux Arts graphiques à l’ESAAT de Roubaix Nord. Tout au long de son parcours, il conserve une place dans son cœur pour le monde des arts. Durant toute sa carrière de professeur et même après il expose un peu partout en France et à l’étranger.
Il côtoie ainsi de nombreux artistes, notamment André Marfaing avec qui il échangera de nombreuses idées artistiques mais aussi de Roman Cieslewicz.
Il vagabonde de technique en technique avant de se laisser porter vers une écriture dite abstraite, propre à Michel Joulé.

Dans un registre abstrait, ses œuvres peuvent être regardées comme des étoffes, des paysages.
Le geste de Michel Joulé est à chaque fois unique, sans reprise ni repentir, comme le font les calligraphes asiatiques. Les séries d’études n’en sont que plus éloquentes.

» Michel JOULÉ peint des paysages qui ne sont pas la représentation de la nature, mais des fragments de ce réel que crée la lumière sur la rétine, des « paysages mentaux » en quelque sorte.
Paysages car les couleurs employées ne sont pas sans rappeler celles du paysage.
Paysages mais aussi fenêtres ouvertes sur le monde : les formes colorées qu’assemble Michel font penser au thème matissien de la fenêtre.
Michel JOULE serait ainsi un nouveau réaliste d’une autre espèce que ceux que l’histoire de l’art a consacrés. En tout cas, c’est un « peintre matérialiste » dans la mesure où la matière qu’il travaille se donne à voir dans tous ses états, dans des tableaux où se piège le réel qui fait image sur nos écrans rétiniens et cervicaux…
Ou’on ne s’y méprenne pas : ce n’est pas parce que la figure humaine n’apparaît pas dans
le travail de Michel JOULE que l’homme en est absent. Au contraire !
Le geste, sans cesse matérialisé sur le support, rappelle qu’un homme est là, que l’homme affirme sa présence au monde.
Au cœur de la beauté qui s’expose, fragile et incertaine. »

» Le sens commun considère volontiers le noir comme l’absence de couleur.
Il faut y aller voir de plus près… Et le travail de Michel JOULE, dans son évolution, ses retours, ses avatars… s’y prête admirablement.
Il s’est livré corps et âme -comme on dit- au noir et blanc tout autant qu’à la
couleur. Paradoxalement son approche du noir affirmait la nostalgie de la lumière; mais aussi toutes les nuances du noir qui n’étaient pas sans relations avec les couleurs.
Le geste, la trace du pinceau, le contraste même du noir et du blanc évoquaient les nuances de la couleur sans les dire crûment. C’est ce que je veux lire dans les études en noir et blanc qu’il a multipliées ces dernières années. Je pense en particulier aux travaux qu’il exposa en 1995 et à la suite d’interventions plastiques qu’il donna pour l’anthologie poétique « Jours inquiets » publiée en 1994 par Orpailleur/éditions. Cette suite est d’ailleurs l’occasion d’un curieux dialogue entre le noir et blanc et la couleur : chaque intervention accueille une intrusion de la couleur pure. L’œil alors dérive et l’esprit vagabonde entre les bornes colorées d’un paysage qui reste à définir…
Paysages qui, dans les deux cas, rappellent parfois, sous une forme lyrique, beaucoup moins géométrique, les architectures de Piranèse tant l’impression de profondeur (une certaine perspective) est présente. »
lucien WASSELIN

« L’autorité terrible du Bleu, comme dans les tableaux de Miro, mais sans leur faune.
Quelque chose dans la peinture de Joulé (ce ne sont pas à proprement parler des formes) vous fait plier l’échine. Ce qui, avec elle, est vu, ne l’est pas une fois pour toutes. Il faut y revenir. Cela vous prend même par derrière. Croyez-en ici votre dos : le dos ne sait mentir, dit un nouveau proverbe de Michel Tournier.
Mais bleu. Comme blanc qu’irrésistiblement il attire, bleu, à le prononcer, apporte jusqu’à notre oreille (comparez avec les rouge, vert ou jaune qui se prolongent, quant à eux, bien au-delà de la durée de leur voyelle) la confirmation du caractère buté qu’opposent à l’évidence sans réplique de la pierre les grands ciels de montagne. Ciels battus, tout marqués d’ecchymoses, mal bleu de la lumière.
Blue disease… entêtant refrain (pas moyen de s’en débarrasser) que la mémoire du peintre retourne et triture comme un jazz-band. Ou était-ce ? Et quand ? Mais où, morbleu ?
Mais quand ?..
Pour nous qui abandonnons Michel Joulé à sa musique (elle ne regarde que lui), c’est l’ombre de Giono que nous devons maintenant invoquer, Jean le Bleu comme lui-même il se nomme, afin de nous laisser aller, l’âme tranquille, le cœur en fête, aux enchantements nécessaires des cyanoses. »

CIELS BATTUS, tout marqués d’ecchymoses : le bleu, dans ses peintures de jour est la couleur de Michel Joulé. Mais non le noir, qui n’est pour lui qu’une gestuelle (une discipline, si l’on préfère).
Dans les vapeurs d’essence, les miasmes de l’atelier, les exercices respiratoires de Michel Joulé.
Il y a le noir du mécontent, c’est le noir de Michaux, « du refuseur, du négateur ».
Le noir lucide, qui est lumière et violence de la lumière, c’est le noir de Soulages.
Les noirs toujours un peu gouailleurs d’Alechinsky.
Et toutes ces nuits où « lentement une veilleuse s’allume », les noirs de La Tour qui, dans l’histoire de la peinture, « est le seul interprète, dit Malraux, de la part sereine des ténèbres »..
Il n’est pas une seule de ces références qui convienne à Michel Joulé.
Ni hurlements chez lui, ni ricanements, ni humeur coléreuse.
Nulles Leçons de Ténèbres non plus. Aucun mysticisme.
Pas un mot de prière. Pas de bruit d’ailleurs. Pas le moindre chuchotement.
À peine un léger murmure. Un souffle plutôt. Écoutez…
C’est la nuit qui respire.

philippe BONNEFIS

Collections particulières :
Région Câble/Nord, EDF/GDF, FNAC, BNP, Villes de Douchy, Lille, Seclin, ANCV (Agence Nationale pour les Chèques Vacances), Maison de la France/Paris…
Dons à des institutions culturelles :
Musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan
Ville de Bagnolet et sa Médiathèque
Musée des Beaux-Arts de Carcassonne
Participation à la réalisation de livres d’artistes :
• Collection « Ecbolade ». Editions Alin Anseeuw.
(Volume 33, 1982/Treize Configurations. 1983/Notes d’Atelier. 1984)

« L’Oiseau-Coeur ». 1987. Poèmes de Jean-Pierre Védrines.
« Jours inquiets. » Poèmes en prose. Quatorze poètes réunis par Lucien Wasselin.

Éditions « Orpailleur ». 1993/94
• « Normales saisonnières ». Texte de Gérard Farasse. Éditions « Le Rosier grimpant’ ». Boulogne.
Édition de nombreuses sérigraphies à »Atelier du Transvaal »/Pas de Calais, avec Pierre Vandrotte.
Édition d’une lithographie. Atelier de Stéphane Guilbaud. Viaduc des Arts. Paris.